Rencontre avec Marcel Rabiller

Rencontre avec Marcel Rabiller

Ce vendredi 23 février, nous étions très nombreux à attendre dans la bonne humeur le conférencier retardé.

Dès ses premiers mots, Marcel Rabiller, le livre à la main, a conquis l’auditoire par l’évocation de sa rencontre avec Jean à propos du sujet original de La Tête pleine d’oiseaux.

Le héros de ce récit pourrait être François Servanteau, capitaine de navire, armateur, témoin républicain de la Révolution en Vendée, présent dans Les Tambours de la Bourguignonne et dans Emilia.

Marcel Rabiller, par ces trois mots « Moi, je sais » rappelle le lourd fardeau de la culpabilité que porte François Servanteau : enfant, lors d’un dîner, il avait livré la « Bourguignonne » fille à soldats recherchée car « en temps de guerre la santé du militaire est une affaire d’Etat » en dévoilant sa cachette. Le souvenir du supplice subi par la Bourguignonne sous les coups des fouets de ses bourreaux ne le quittera jamais.

Mais les liens du passé se défaisant François Servanteau aura à « trancher entre deux solitudes, celle de la mer et du pouvoir ou celle du renoncement et de la mort ».

Pour affaires, il se rend chez son fermier Fortin dans les marais d’Olonne. Celui-ci a trois fils dont Zaïe, le bedâ, l’idiot, le laid, saulnier à la Cornetière.

La relation profonde qu’il noue avec Zaïe à la personnalité si attachante, va changer le destin de l’armateur. Ne serait-ce pas lui le vrai héros du livre, lui qui vit en harmonie avec les oiseaux ?

Marcel jalonne sa conférence de références littéraires : il nous lit avec talent un magnifique poème de René-Guy Cadou, des extraits du récit pour étayer ses propos ; il parle de la philosophe Simone Weil auteure de L’enracinement et cite Saint-Exupéry dans Citadelle « Car l’espace de l’esprit, là où il peut ouvrir ses ailes, c’est le silence ».

Et voilà les profonds messages du livre de Jean mis en valeur par le conférencier : le silence, le paradis d’oiseaux migrateurs, la solitude dans une nature secrète, étrange, inconnue ; des valeurs humaines universelles d’exigence et de paix chères aux poètes que sont Marcel et Jean.

La conférence très applaudie s’est achevée par la projection de photographies des oiseaux de l’Ile d’Olonne qui remplissent encore nos têtes.

Claude Goumoëns

                                           Photos Claude Goumoëns